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« Mal de dents: mal d’amour » par le Dr Catherine Rossi

par 6 Juin 2019Articles0 commentaires

« Parfois, la douleur du cœur est tellement indicible que le corps doit user de stratagèmes pour exprimer, extérioriser et survivre à ce puits de souffrance.

Je parle de la peine d’amour, du cœur brisé.

De cette déception de parcours de vie, rêvé, espéré et enfin raté.

Ce serait plus simple pourtant de pouvoir pleurer et de mettre des mots sur ses larmes. De pouvoir crier, taper, sortir de cette colère en sachant la nommer et en en connaissant l’origine.

Quand l’échec est si immense que le corps ne trouve d’autres moyens que de s’effondrer en tombant malade. Cet anéantissement de la santé est la seule façon possible pour que notre cœur pleure et puisse être en accord avec notre corps et ainsi commencer à se réparer. »

J’ai trouvé ce texte dans le journal Santé intégrative de mars/avril 2013.

Il a été écrit par une certaine Ysabel Pineau. Je ne la connais pas. Mais ce texte m’a touché. Il dit une chose qu’on entend rarement.

Un chemin vers la guérison

Oui, il y a des peines dans la vie qui sont tellement fortes qu’on ne peut les exprimer et les évacuer autrement qu’en tombant malade physiquement.

La maladie devient alors la solution. Elle est le seul chemin vers la guérison.

Comment ?

Ysabel Pineau nous l’explique avec ses mots :

« Le corps s’effondre et nous pousse à regarder en face l’origine de notre mal.

Il nous force à sortir ces larmes et à accepter que, oui j’ai mal, oui je suis déçue, oui j’aurais aimé que ça se passe autrement, que tu m’aimes autrement.

Cette douleur physique m’a parlé de ce qui n’existait plus entre nous.

Elle m’a parlé de cette fin inéluctable, de ce besoin, non pas de tourner la page, mais de fermer le livre.

Une réparation du corps, puis du cœur ou peut-être l’inverse, se fait doucement, tranquillement.

Chaque larme versée fait place à une guérison, et un jour il n’y a plus que la guérison.

Plus de larmes ! Le livre est placé dans la bibliothèque de notre vie, et on est prêt à commencer un nouveau chapitre.

Le temps que le corps se rebâtisse laisse à l’âme une porte ouverte pour se nettoyer, se purifier, se reconnecter à ce que je suis et ce que je veux, à moi-même. »

Emotions et inflammation

Des chercheurs de l’Université de Rice (Texas) viennent de réaliser une étude montrant que les personnes qui avaient perdu un amour avaient un niveau d’inflammation dans l’organisme beaucoup plus élevé.

« Des recherches ont montré que l’inflammation contribue à pratiquement toutes les maladies chez les adultes », écrit l’auteur principal de l’étude, Chris Fagundes. « Nous savons que la dépression est liée à un état d’inflammation plus fort, et que ceux qui ont perdu un conjoint ont un risque considérablement plus élevé de dépression majeure, d’attaque cardiaque, d’AVC et de mort prématurée. »

Une étude de juillet 2018 a en effet montré que le risque cardiaque augmente après la perte d’un être cher, et le risque de mourir dans les six mois augmente de… 41 % !! [1]

L’inflammation globale du corps est en lien avec l’augmentation des risques de maladie parodontale et l’aggravation des maladies parodontales existantes. Et comme l’inflammation a été initiée par le stress, l’émotion de tristesse, je ne pense pas faire un raccourci rapide en disant que les stress et les émotions favorisent les maladies parodontales.

D’autre part, l’état inflammatoire chronique induit par les émotions et les stress sur de longues périodes induisent un déséquilibre acido-basique du corps dans le sens de l’acidose. Tout médecin sait qu’un terrain en acidose fait le lit des cancers, des polyarthrites et de l’ostéoporose pour ne parler que de ces maladies.

Stress et caries dentaires

L’acidose et l’inflammation chronique induisent une déminéralisation, car le sang puise autour de lui, les minéraux de structure (Ca, P, Mg et Si) afin de s’alcaliniser, retrouver un ph neutre pour assurer la survie du corps. Les minéraux sont en priorité prélevés dans les os et les dents. C’est pour cela que l’on a constaté que le stress favorisait les caries dentaires.

Ci-dessous le lien vers une étude scientifique mettant en évidence le lien entre l’acidose et les pathologies dentaires. (2)

Le stress n’agit pas directement sur l’apparition de la pathologie dentaire comme on pourrait l’interpréter trop rapidement, mais c’est par l’intermédiaire de l’acidose métabolique que les processus de déminéralisation se mettent en place : Déminéralisation de l’os alvéolaire et des tissus dentaires (émail et dentine) qui sont des réservoirs de minéraux dont le pouvoir tampon est utilisés pour équilibrer le pH sanguin. C’est pour cela que les personnes qui mangent beaucoup de sucre, même si ils se brossent bien les dents ont des caries, car la consommation de sucre en excès met le corps en acidose et favorise un terrain déminéralisé.

Ensuite, j’ai pu constater, en 35 ans d’exercice qu’en fonction de la nature du stress, des parties bien spécifiques de la bouche étaient affectées.

Médecine Traditionnelle Chinoise et dents

Et là c’est la Médecine traditionnelle chinoise qui m’a apporté des réponses. J’ai ainsi appris que chaque dent était reliée à un méridien d’acupuncture. (voir tableau issu du livre du Dr Albert Roths et du Dr Eric Kiener).

La MTC nous enseigne également depuis 3000 ans que chaque méridien est associé et régit certaines émotions (3).

C’est ainsi qu’au cours de 35 années de clinique, j’ai observé, posé des questions, obtenu des réponses surprenantes, toujours les mêmes sur les mêmes dents. J’ai comparé mes observations avec les quelques dentistes qui avaient aussi travaillé sur ce sujet (Dr Orsatelli, Dr Voll, Dr Heckler, Dr Moreau, Dr Marquès, Dr Caffin, Dr Beyer, Dr Vereeck, etc.) et j’ai trouvé beaucoup de similitude.

 

Emotions et pathologies dentaires

J’ai pu ainsi constater, si le stress est professionnel ou social ce sont les dents des secteurs 1 et 4 (Yang) qui seront plus affectées, alors que les stress familiaux vont se stigmatiser sur les secteurs 2 et 3 (yin).

Si le stress est en lien avec notre ETRE (énergie du ciel), notre identité, nos valeurs, notre confiance en nous, ce sont les dents maxillaires qui vont se fragiliser, le secteur 1 si ce mal être est professionnel et le secteur 2 si ce mal être est familial.

Si le stress est en lien avec notre AVOIR (énergie de la terre), ce que l’on veut, notre capacité (ou incapacité) à exprimer ce que l’on veut, ce sont les dents mandibulaires qui seront fragilisés.

Par exemple : La personne qui ne se sent pas payée à sa juste valeur et n’ose pas demander une augmentation, aura une carie sur la 46 (Méridien Poumon, Tristesse, je ne le mérite pas), si en plus elle a peur de la réaction des autres, si elle demande une augmentation, la 47 ( Méridien Gros Intestin, je m’accroche au regard des autres) pourra aussi se carier.

Par contre, Si elle souffre de ne pas être bien payée, mais qu’au fond d’elle, elle estime ne pas valoir plus, c’est la 44 (Méridien Rate, je ne sais pas ce que je veux) qui va la faire souffrir.

En revanche le secteur 3 nous parlera des frustrations de territoire dans le domaine familial. Ce sont les dents de la mère de famille, corvéable à souhait, qui ne vit que pour sa famille et ses enfants et ne s’accorde aucun répit, aucun espace pour elle.

 

Verbaliser une émotion : une chance pour le malade

Evoquer ces liens entre la vie et leur maladie, aux patients qui le demandent, ne nous affranchi pas de soigner leurs dents malades, selon les données acquises de la science. Ce serait irresponsable et doit être bien recadré chez certains patients qui ne savent pas que l’émail et la dentine n’ont aucune possibilité de se régénérer, de recréer du volume, lorsque la cavité est crée.

Soigner nos patients, comme appris à la faculté de chirurgie dentaire, et mettre des mots sur leurs maux est un bonus qui leur permet de mettre du sens sur leur maladie, les rends plus responsables, donc augmente leur pouvoir vis-à-vis de leur santé. De plus cela évite les récidives s’ils sont réceptifs à cette compréhension de leur « langage du corps ».

Avez-vous déjà été confronté à une douleur persistante après avoir parfaitement soigné une dent ? Le patient revient plusieurs fois, il a toujours mal, vous vérifiez l’occlusion, les joints de votre obturation, recherchez une fissure, testez la vitalité, bref en désespoir de cause vous dévitalisez … mais la douleur persiste ….. vous extrayez, posez un implant… il ne s’intègre pas ou reste un lieu de péri-implantite permanente…

Et bien, en ce qui me concerne, avant de prendre la décision de dévitaliser cette dent, après avoir validé l’absence de mal façon, j’aborde avec mon patient la possibilité d’un stress dans sa vie qui viendrait se matérialiser dans sa dent. Je ne lui fais pas une psychothérapie. Je n’en n’ai ni les compétences, ni le temps sur le fauteuil dentaire, mais j’évoque un lien possible, comme je pourrai en parler à un ami. Et je l’oriente vers un thérapeute compétent si nécessaire. Cela ne m’affranchi pas en cas de persistance de douleurs d’en arriver moi aussi à faire poser un implant. Mais je peux vous assurer que 80% gardent leurs dents vivantes et leurs douleurs disparaissent. J’ai calculé que depuis des années, je peux compter sur les doigts d’une main le nombre de biopulpectomie que je préconise par an.

Le pouvoir de la pensée sur notre corps, sur les maladies et même sur l’expression de nos gènes n’est plus à prouver. Le chercheur, Docteur en Biologie Bruce Lipton, dans son livre « La biologie des croyances », a démontré les mécanismes biochimiques de l’épigénétisme, c’est-à-dire l’influence de l’environnement sur notre ADN.

Jusqu’à preuve du contraire les dents font partie du corps et les dentistes ont un titre de Docteur donc ont la capacité de soigner leurs patients dans la globalité : le physique, le métabolique et le psychique. Ne pas le faire et se contenter de « réparer des dents » serait une faute professionnelle et donnerait au patient une perte de chance de guérir.

 

 

(1)Spousal bereavement is associated with more pronounced ex vivo cytokine production and lower heart rate variability: Mechanisms underlying cardiovascular risk?

Author links open overlay panel Christopher P.Fagundesabc Kyle W.Murdockd Angie LeRoyae Faiza Baameurb Julian F.Thayerf Cobi Heijnenb

https://doi.org/10.1016/j.psyneuen.2018.04.010 – Get rights and content

(2)Effects of Extracellular pH on Dental Pulp Cells In Vitro

Author links open overlay panel Yujiro Hirose DDS∗†‡ Masaya Yamaguchi DDS, PhD‡ Shigetada Kawabata DDS, PhD‡ Masashi Murakami PhD† Misako Nakashima DDS, PhD† Momokazu Gotoh MD, PhD∗ Tokunori Yamamoto MD, PhD∗

https://doi.org/10.1016/j.joen.2016.01.019 – Get rights and content

(3)L’acupuncture pour les nuls, Dr Nadya Volf, chapitre 22

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